ateliers-calin

L'homme qui avait les bras trop lourds. Au final, qu'as-tu vraiment vécu avec cet homme. Te souviens-tu de tous les "c'est trop lourd", "tu m'écrases", "oh mais tu'm fais mal", "oh mais tu piques", "laisse-moi encore dormir", "il fait trop chaud", "trop froid", "pas tout le temps", "pas tous les jours", "pas besoin de... pas une obligation de ...", plus récemment des baisers "superficiels", sans passion, et pour finir des rapports qui n'étaient que des actes, sans déchainement, sans envolée, sans lyrisme, lyrisme que tu avais le don de dégonfler juste d'une petite pointe d'aiguille, et me voilà aujourd'hui amant sans la flamme, cette flamme que j'ai vu si souvent s'éteindre, inquiet car elle était notre seul lien. Nous n'avions pas les mots pour nous, pas la pensée, la poésie, l'abandon, le désintérêt des choses matériels. Il te revenait, lasse, "de mener les choses", pendant que ma graine s'asséchait d'attendre un feu vert, une autorisation, une acceptation, quelle incompréhension. Aujourd'hui, quel regard poser sur notre histoire, toujours à contre temps, toujours dans l'incompréhension, toujours à trouver les explications de l'échec chez l'autre, et ce parfum tenace de manque de confiance, de stratégies, de stratagèmes. Quel génie à produire de la souffrance, de ne pas chercher les ceps, seulement les amanites. Alors, qu'as-tu vraiment vécu avec cette homme ? Est-ce si difficile à formuler, ou alors vide à ce point ?   

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