Il nous est arrivé (souvent !) de pas mal nous friter. Je ne sais pas ce que viennent faire les frites là-dedans. Peut-être l'huile qui bouillonne...? Alors, dans ces instants, chacun sa stratégie. A moi "l'analyse psychologique", un peu comme dans Astérix, "la zizanie", avec la "guerre psychologique", mais sans gourdin ! j'adore...! (Astérix, pas la guerre !) Madame, elle, n'est pas en reste. Son truc ? "La guerre de 14". Kesako ? ça consiste à ressortir de terre tout ce qui dans le passé lui a posé problème, des situations, des phrases, des attitudes, des gestes, qui ont comme point commun qu'elle peut en faire des armes contre moi sous prétexte d'avoir là des preuves irréfutables de fautes graves, causes de licenciement comme chacun sait.

J'ai pu à plusieurs reprises, avec l'aide de mon avocat, qui n'est autre que moi-même, tenté de faire requalifier ses manquements, en fautes légères, voire de les expliquer, ou encore mieux, de les justifier. Taratata, trop facile, ça ne se passe pas comme ça. Sinon, "la guerre de 14" ne saurait avoir lieu, et la source de missiles à têtes nucléaires, tarie.

Seulement voilà: 14-18, c'est loin. Les stratégies militaires et les armements ont beaucoup évolué, les tranchées sont devenues obsolètes. Celui qui n'évolue pas court un grand danger. Son système de défense risque de faire les frais des progrès fulgurants de la "guerre psychologique". Remettre l'être aimé toujours systématiquement dans les mêmes crocrottes, au point qu'il finisse par empester, peut s'avérer incompatible avec le fait de souhaiter inlassablement l'approcher pour lui dire qu'il fleure bon le parfum de l'amour.

Justifier sa défiance en ne faisant tenir son argumentation que sur quelques épisodes, toujours les mêmes pourrait être qualifié d'acharnement, voire d'harcèlement, ce qui est puni par la loi. Exiger d'être accepté dans sa forme brute toute en cherchant à pasteuriser l'autre pour le rendre comestible à son goût ? Position très difficile à défendre, même en montant sur de très grands chevaux.

Mais l'argument "massue" sommeille encore. dans ce doux cocktail toujours avec ce petit soupçon d'amertume. Ne manque t-il point cette note sucrée, peut-être essentielle: l'admiration. A force de vouloir gagner la guerre, l'autre finit enfin, terrassé, par être vaincu, fait prisonnier, et, encore moins admiré. Alors le "moi je t'aime" pourrait se dégonfler tel un dragon d'Asie qui aurait reçu une flèche sur cet endroit si secret qu'il en est presque invincible, tellement anodin, banal, juste sous le pied à l'endroit où viendrait se planter une bénigne écharde. Seule l'expression d'un amour véritable et sincère pourrait le sauver de l'infection. 

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