Dans la famille Z, je voudrais la mère. Jouer à ce jeu d’enfance avec cette famille est tout à fait possible puisqu’il n’y a aujourd’hui plus qu’une famille Z avec, grands parents, parents et enfants, point. La mère, dont on parle ici est née dans une famille de petite bourgeoisie d’X. Elle est la petite dernière un peu en décalé derrière ses trois frères. Sa mère était une femme de caractère, ce qui s’est avéré insuffisant à une époque où l’égalité homme femme n’était pas encore d’actualité, pour exiger la fidélité de son mari. Les trois garçons, partis vivre leur vie, elle a reporté tout son goût pour la dominance sur la petite dernière dont elle s’est occupée un peu comme un entraineuse de jeune championne de patin artistique.

La petite fille a vingt ans. Les voilà toutes les deux sur la plage d’Y, ville toute auréolée d’être une des premières grandes destinations des « congés payés » votés par le front populaire d’avant guerre. W va rencontrer, au cours d’un bain ou d’une promenade sur le front de mer celui que l’on peut qualifier d’homme de sa vie même si cette appellation est en général plutôt réservée à de grandes et belles histoires d’amour. Les détails de cette rencontre me sont inconnus et n’ont pas fait l’objet de récits de bons souvenirs que l’on se remémore à la veillée.

L’homme a douze ans de plus qu’elle qui doit en avoir au moment des faits une vingtaine. On peut raisonnablement penser qu’il n’est pas trop mal physiquement, et probablement seul, seul dans la mesure où on l’imagine mal aller à la plage, accompagné d’un groupe de copains de son âge. On peut également être certain qu’il a les yeux globuleux un peu étranges, et qu’elle ne capte pas à quel point ils brillent par moment d’une étrange façon. Sa mère le voit peut-être mais sa vision est aveuglée quand elle apprendra qui est ce jeune homme sorti de nulle part.

T, qui donc a déjà passé la trentaine, est le seul garçon d’une famille de quatre enfants, famille qui a la particularité d’être une des plus riches d’Y. Mieux, le père est un notable local qui a été le maire de la ville pendant de nombreuses années. Cette richesse, d’après quelques informations qu’il m’a été permis d’avoir, provient du passé d’armateur des générations précédentes. En gros, ils ont fait fortune dans le commerce maritime, et à cette époque le meilleur placement reste le foncier, des terres, et surtout des immeubles, comme toute cette rue commerçante d’Y dont ils sont quasiment les seuls propriétaires. Y de cet après guerre est une station balnéaire avec le vent en poupe. Les ancêtres étaient armateurs, les prochaines générations seront hôtelières.

Pour réussir en affaire, les ancêtres armateurs n’étaient probablement pas de grands sentimentaux, surtout à cette époque coloniale où l’égalité entre les « races » n’était pas encore trop d’actualité. Mais leur âme était sauve car ces gens là allaient sans aucun doute à la messe tous les dimanches, écouter la parole de Jésus Christ notre saveur. Après tout l’homme à la Croix s’était sacrifié pour tous nos péchés. Cela permettait bien quelques incartades que l’on pouvait ensuite confesser. Et puis, on peut raisonnablement penser qu’ils étaient de généreux donateurs de la paroisse, qui leur rendait bien. La « rue des Z » se situait juste en contrebas de l’église qui avait fière allure sur son promontoire dominant le port, la porte principale face au grand large.

Pourtant dans ces années au sortir de la guerre, le père de est inquiet. Sa femme a commencé par lui donner deux filles, puis le troisième, un garçon, est mort, dans des circonstances que j’ignore. T, Dieu soit loué, est arrivé juste après, suivi encore une fois par une satanée fille. Il est le seul garçon. Le père, lui, avait bien un frère mais il est mort bien avant d’avoir pu se marier et avoir des enfants. Il est donc le seul, et maintenant aussi son fils pour la prochaine génération, a pouvoir faire perdurer le nom. T a déjà plus de trente ans et n’a fait que peu de rencontres féminines, peut-être même aucune, mais je n’ai aucune information sur ce point.

Il faut dire qu’il se passe quelque chose, là cette fois de pas très catholique avec T. Il entre parfois dans des crises violentes et son regard devient celui d’un fou. Il mériterait les meilleurs traitements, que sa famille serait en situation financière de pouvoir lui payer, mais ce n’est pas si simple. Si T est envoyé « à l’asile », alors il sera cette fois étiqueté officiellement comme fou. Sa carrière de géniteur potentiel en prendra un sacré coup, et on pourra dire adieu au nom des Z. T est donc gardé au frais sous le coude, en minimisant autant que possible ses crises pour parvenir à le maintenir dans un état de normalité apparente.

C’est cet homme, au regard un peu brillant que rencontre W en cette après-midi de la fin des années cinquante en se promenant bras dessus bras dessous avec sa mère. Celle-ci ne sera par la suite probablement jamais très loin quand ils vont commencer à échanger quelques mots en faisant quelques pas sur le front de mer, à moins que ce ne soit sur le ponton du phare. Elle aura tôt fait de se renseigner sur le statut d’héritier de grande famille de ce galant, bon parti.  C’est la providence qui l’envoie, le tout sous le regard bienveillant de l’église de Y qui domine ce débouché magnifique sur la mer dont on ne se lasse pas, dans son mariage avec ces merveilleux ciels normands si rapidement changeants.

Sous l’église, dans la résidence principale des Z, le père veille. Une opportunité pareille ne se produira pas deux fois, il faut agir, vite. Puisque les « deux parties » sont d’accord, l’affaire est rondement menée, et les voilà sans coup férir, mariés. W a juste vingt ans, le piège s’est refermé.

Pour loger nos deux tourtereaux, rien de plus facile. Les propriétés ne manquent pas. Mais cette maison sur les hauteurs de Y,

entourée d’un bois, fera très bien l’affaire. Elle a appartenu à des juifs pendant la guerre, qui ont du s’enfuir. Puis, cette grande maison bourgeoise qui domine le vallon qui descend jusqu’au port, a servi de QG aux allemands pendant la guerre. Quelques souterrains creusés sous la maison et le jardin, qui serviront par la suite de terrains de jeux à des gosses intrépides, témoignent encore de ce passage. A priori, sur cette maison, comme sur d’autres, le père de T a du se porter acquéreur. Voilà le fiston logé avec sa belle dans cette propriété où le « caractère » de T sera un peu à l’abri du regard des hommes. Les photos de cette époque nous montrent une maison très soignée, entourée de petits jardins fleuris en terrasse, reliés entre eux par des sentiers bordés de buis qui invitent le promeneur à déambuler sans ressentir les effets de la forte de pente sur laquelle s’est bâti  ce merveilleux endroit. Le conte de fée sera de courte durée.

W comprendra très vite dans quel piège elle est tombée, bien que la paranoïa ait cette particularité d’apparaître aux moments des crises comme une métamorphose progressive un peu perfide en transformant le sujet, tout à fait normal quelques minutes auparavant, en un monstre terrifiant. A-t-elle eu un temps des velléités de fuite devant son sort funeste, car après tout, il ne devait pas être très sorcier de voir ce qu’on attendait d’elle désormais : des héritiers, et en tout premier lieu, un garçon. C’est un secret qu’elle a peut-être communiqué à quelqu’un, mais là encore je l’ignore. Toutefois, au regard de la suite des évènements, on peut assez raisonnablement accepter l’hypothèse qu’elle s’est rapidement calée dans cette vie d’enfer que le destin lui avait concocté.

De cette union qui nous plongerait davantage au dix neuvième siècle que dans ce début de nos années soixante où les femmes commençaient à mettre sérieusement à mal la suprématie masculine, allaient naître quatre enfants. Comme une sourde malédiction qui mettrait le sage en éveil, de vouloir à tout prix voir perdurer ce nom de cette famille, les deux premiers enfants furent des filles. Encore une fois, le premier garçon n’arriva qu’en troisième, lui aussi suivi, encore une fois, d’une fille. Il devenait de facto le joyau précieux dont elle était la matrice ce qui la plaçait en situation de force dans cette pièce de théâtre un peu morbide où elle avait décidée de prendre place. Le père de T, avant de quitter ce monde, peut-être avec la sérénité du devoir accompli, avait distribué les rôles, et bien sûr les biens, entre ses quatre enfants. T avait reçu toute sa part, bien qu’incapable d’accomplir quoi que ce soit du fait de son handicap mental. Ce travail incomberait à sa sœur ainée, qui en d’autres temps aurait pu consacrer sa vie à Dieu. Dieu en l’occurrence prendrait les traits de son frère, qui se voyait donc affubler de deux tuteurs de vie, sa sœur d’un côté pour le ministère de l’économie, et sa femme aux affaires familiales qui n’hériterait que du titre de secrétaire d’état, n’étant tout de même qu’une pièce rapportée. Entre ces deux femmes de pouvoir, un combat larvé complètement imbibé d’hypocrisie  tel un baba de son rhum allait durer toute une vie, et dans ce combat, W garderait toujours un atout de taille : elle était la mère de l’héritier.

Le garçon, placé finalement dans une situation assez analogue à celle de son père, n’allait dans un premier temps guère faire mieux. Quand je fis sa connaissance à l’âge de ses dix neuf ans, il était déjà tombé dans l’alcool déjà depuis quelques années au point que sa mère devait lui tenir son verre quand le tremblement de sa main ne lui permettait pas d’ingurgiter pour calmer le manque. Mais elle restait calme elle, impassible même, suffisamment forte pour traverser toutes les épreuves que le tout puissant à qui elle parlait parfois sur un ton narquois, avait mis sur sa route. Il faut dire que dans le même temps, « la sœur » peaufinait chaque jour un peu plus, son rôle de « grenouille de bénitier », en hommage à son père qui avait instauré au lendemain de la guerre un pèlerinage à S pour remercier le Seigneur d’avoir relativement épargné la ville durant la guerre, et par la même pourrait-on rajouter un brin moqueur, ses propres et nombreux biens immobiliers. « La sœur », elle continuerait à jouer son rôle auprès de « l’héritier » jusqu’à parvenir à lui faire comprendre qu’il n’avait pas d’autre destin que de faire perdurer les biens familiaux. Le travail et l’abnégation cumulées de ces deux femmes finiraient par miracle par porter leurs fruits, éliminant une à une toutes les possibilités de perdition auxquelles le garçon ne demandait qu’à s’assujettir.

Cette partie gagnée, les deux femmes pourraient enfin se résoudre à déposer le sabre pour se contenter de quelques rares parties de fleuret. Aujourd’hui, « la sœur », très âgée, a perdu une bonne partie de sa tête, et son éternelle jeune rivale participe même activement à son « accompagnement » vers les portes du paradis qui ne seraient lui être condamnées. W, aujourd’hui comme hier, peut être considérée comme une sainte. Quand je faisais sa connaissance dans la fin des années quatre vingt, j’avais succombé comme le commun des mortelle à une admiration sans faille. Elle avait tout accepté, tout traversé, tout supporté, élevé quatre gosses, et fournit encore au moins pour une génération, à cette famille, le droit de continuer à exister. Tout n’était pas parfait, tout n’est jamais parfait, Dieu soit loué. « L’héritier » avait bien entendu une place à part, bénéficiant d’une préférence sans faille qui confinait parfois au grotesque quand il remontait de son service, arrivant en retard au repas de famille, et qu’il fallait lui faire une place manu militari avec ses morceaux choisis dans son assiette. Mais dans l’ensemble, son sens de la justice était irréprochable, capable de toute la sollicitude nécessaire pour chacune de ses trois filles. Sa cadette, la plus en souffrance des trois n’avait pourtant pas l’intention de la laisser se reposer sur ses deux oreilles, allongée sur un matelas bourré de secrets de famille. Les quatre enfants furent soumis dès leur plus jeune âge à un discours de propagande des plus raffiné. Non, Papa n’était pas fou, juste « un peu original », et la meilleure attitude à tenir durant ses crises était justement de ne pas y faire trop attention. Evidemment, en dehors du huit clos familiale, ils devaient bien avaler qu’ils étaient les enfants du fou, et qu’il valait mieux que personne de l’extérieur ne vienne à la maison, situation tout ce qu’il y a de plus banal comme chacun sait.

La propagande familiale dans ce genre d’affaire reste d’une incroyable efficacité ce qui j’imagine doit faire les choux gras des psychanalystes. Aujourd’hui, une cinquantaine d’années à la louche après leur naissance, T a été pour deux des trois filles, un père « un peu original ». « L’héritier » reconnait bien volontiers les faits sans en faire toute une affaire. C’est que lui maintenant, a une sacré affaire à faire tourner, pas trop le temps de réfléchir. Mais P la cadette ne l’entendait pas de cette oreille, et dès l’enfance, les questions ont commencé à pleuvoir, sur l’origine de tous ces biens, l’histoire de ce mariage, jugeant de ce fait sa propre existence comme improbable, à moins d’accepter comme bien réelles, de telles aberrations dans le fonctionnement familial. Sa mère put lui apporter toute la protection et la bienveillance nécessaire mais ne put probablement jamais répondre à la question de savoir comment elle n’avait pas fui, même en pleine nuit, même en pyjama, devant un tel cauchemar. Mais où l’histoire prenait là un goût un peu particuliers, car, résignée, elle allait bel et bien rentrer dans ce jeu de chausse trappe que lui imposait cette famille d’un autre temps.

Car au bout du compte, elle bénéficiait auprès de la terre entière de son statut de martyr. Le martyr faisait bien parti de son quotidien mais la maladie mentale de son mari lui donnait en même temps, de facto, les pleins pouvoirs sur cette famille à commencer par ses enfants qui ne pouvaient que la vénérer et ne pas trop la chatouiller sur ce temps de génèse un peu trouble.

J’ai eu, il est bien difficile de dire la chance, de croiser le destin de cette famille, en rencontrant P « la passionaria » de la famille, avec qui j’ai partagé vingt cinq ans de ma vie. Je ressentais une certaine fierté d’être l’homme de celle qui avait décidé une bonne fois pour toute de tirer dans le tas. Mais ce genre de tas peut s’avérer très gros voire impossible à démêler sauf pour les présomptueux. A trop vouloir s’y frotter, c’est elle qui finalement s’emmêlait les neurones, et sans avoir fait une bonne estimation de ses forces qui finirent par lâcher, suivies des miennes, nous précipitant dans une destinée plutôt tragique.

Je me suis éloigné aujourd’hui de cette famille étrange, bien que depuis, les années de vie défilant, j’ai pu constater l’étrangeté de beaucoup de familles en commençant par le mienne. J’ai épisodiquement des nouvelles des uns et des autres. Je sais que W est toujours bien en place, malgré un parcours ou moi-même aurait mille fois chuté. Toute sa colonne vertébrale tenait par le fait de sauver ses enfants, ce qui, en ce qui concerne son fils, peut être retenue comme une vraie réussite. Pour chacun d’eux, il avait fallut traverser des tempêtes angoissantes sans qu’à aucun moment elle ne perde le cap. C’est du moins ce qu’elle avait laissé paraître ce qui était bien le principal. Elle avait été la garantie d’une normalité acceptable pour l’extérieur afin que les enfants ne se prennent pas pour des sortes de mutants venus de nulle part. D’aucuns pouvaient trouver cela magnifique. D’autres y voyait là une habileté exceptionnelle pour « cacher la merde aux chats », expression retenue par mon père au bout de quelques rencontres qui restèrent très rares.

Le souvenir de cette femme me revient ce matin après avoir passé quelques jours en compagnie d’une de ses petites filles N, fille de J, sa dernière fille. J a gobé toute sa vie ce discours de normalité apparente, passant avec facilité et avec « une grande gueule sans pareille », par perte et profit, le fait que son père ait pu être un fou. Ce serait d’ailleurs fort périlleux de sa part de voir les choses autrement tant elle avait fait elle même, sa vie durant, des entorses remarquées à la normalité. Mais elle avait su écrire très vite son propre crédo dans lequel la normalité est un mot qui ne veut rien dire. Nous nous contenterons donc de dire ici que J n’a quasiment jamais travaillé de sa vie, et que sa subsistance doit beaucoup a sa mère qui a mis tout son art de la protection dans la balance, en parvenant encore une fois à merveilleusement sauver les meubles au lieu d’envoyer paître sa fille dans une vie qui n’aurait pas manquer de tragédie.

Dans sa période de jeune adulte qu’elle avait voulue précoce, J avait rencontré un homme de passage, rencontre dont N était le fruit. Ce papa filant est aujourd’hui décédé. N est une môme qui force l’admiration car force est de constater qu’elle s’est construit toute seule. Cette admiration, W sa grand-mère l’a forcément ressentie, et devant les errements de sa fille sous perfusion, elle s’est retrouvé à nouveau avec une personne à sauver qui par ricochet ne pourrait elle aussi que lui prodiguer moult reconnaissance. W pouvait poursuivre sa carrière de sainte, bien qu’une fois encore, tout ne soit pas parfait. Comme précédemment pour son garçon, N bénéficiait d’un traitement affectif de faveur, faveur que ressentent merveilleusement bien ceux qui ne l’ont pas, comme ce fut le cas pour mes enfants. Pour N aujourd’hui, les dés sont scellés, tout comme cette auréole sur la tête de sa grand-mère.

J’ai une certaine gène aujourd’hui à chercher des poux dans la tête à cette femme tant elle a fait « le job ». Pourtant, j’ai autant de gène à lui donner le bon Dieu sans confession, un peu comme un super bandit pour lequel on n’a pas de preuve et qui risque de s’en tirer à bon compte si on ne retrouve pas ce foutu témoin dans les cinq minutes. Je la laisserai pourtant partir en paix, pauvre femme. W a beaucoup aidé, mais une aide qui s’est souvent doublée de son influence exercée sur tous ses enfants. Je me rappelle à quel point on ressentait cette différence, en allant chez elle, qu’elle pouvait faire entre ses propres enfants et les « pièces rapportés », un peu comme si, nous, elle ne pourrait jamais vraiment nous atteindre, alors autant nous placer un peu plus près de la porte. Je me souviens de cette fois où, après le divorce, je lui avais amené un de mes enfants à cette maison de vacances.  Je n’avais pas été invité à rentrer dans la maison. Je ne faisais plus partie de la famille, et la famille, le clan, c’était elle, un pouvoir qui l’avait curieusement fait « kiffer », avec aujourd’hui des enfants qui ont besoin d’elle avec de sérieuses lacunes en autonomie. Un investissement moindre pour ceux qui se débrouillent et son absence dans les cas désespérés continuent à semer encore un peu plus le trouble concernant le lien qu’elle peut faire entre l’aide et l’influence, avec cette fois une analyse qui se retournerait complètement en sa défaveur.

Mais les preuves sont maigres, fragiles, difficiles à rassembler. Et puis, elle n’est plus toute jeune, fatiguée. Elle bénéficierait de toute façon des circonstances atténuantes, elle passera à travers les gouttes. Que représente t-elle aujourd’hui dans la construction de N, elle qui a subventionné sa mère toute sa vie en la gardant dans son jupon, et qui aujourd’hui a fait d’elle sa petite fille préférée. N deviendra quoi : un bel esprit humaniste, ou au final un pur produit de l’individualisme ambiant, et elle aussi inattaquable.